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Quel avenir pour les Grands Vins de Bordeaux ? Quel est le regard de la future élite des jeunes face à ce débat ?
Nous assistons aujourd'hui, au début de ce troisième millénaire, à un débat d'idée et de marketing essayant d'OPPOSER les vins traditionnels de Bordeaux à ceux du Nouveau Monde.
Pourquoi opposer les uns aux autres ?
Pourquoi ne pas se réjouir des styles différents et complémentaires et reconnaître à chacun ses qualités propres ?
Pourquoi ne rechercher aujourd'hui qu'une uniformité de style ?
Il est vrai que pour aider le consommateur, les vins de cépages Merlot, Sauvignon, etc… peuvent faciliter aux nouveaux amateurs d'utiles découvertes. C'est un premier pas qui peut amener ensuite certains amateurs vers des vins plus complexes, des vins d'assemblage, des vins de styles différents.
Aujourd'hui, nous voyons les vins du Nouveau Monde conquérir les marchés. Ils sont simples, bien faits et les prix sont à la portée du plus grand nombre. Avec ces vins, les hommes s'intéressent au " Food and Wine " et non plus au " Food and Soft Drinks " ! Et c'est bien !
Par ailleurs, en France et particulièrement en Médoc, les vins sont issus de terroirs spécifiques, de vignobles anciens, d'assemblage subtils. Ils lient la puissance tannique à la grande finesse et la complexité à la longueur en bouche. Leur potentiel de vieillissement est remarquable.
Ils ne sont pas uniquement des vins " boisson " mais des vins de connaisseurs et de grands amateurs.
Ce qui est réconfortant, c'est que beaucoup de jeunes étudiants se passionnent tout comme leurs aînés pour ces vins de grande qualité.
Ces jeunes, future élite, ont créé des clubs oenophiles. Ils dégustent des vins de toutes les régions de France et élargissent leurs connaissances. En France, le club de Sciences Po Paris In Vino Veritas, celui d'HEC Grand Cru, ceux de Sup de Co, à Oxford le club de Christ Church College, à Londres celui de la London School of Economics sont des clubs dynamiques.
Je suis allée à plusieurs reprises dans ces différents clubs présenter des verticales de différents millésimes de Pichon, de la Réserve de la Comtesse et de Bernadotte. Certains d'entre eux sont venus nous rendre visite en Médoc.
En ce troisième millénaire ouvert à la mondialisation, il est heureux que se développent le goût de la qualité et le goût de ces liens d'amitié entre les professionnels de l'Ancien et du Nouveau Monde et entre les producteurs et les amateurs.
May de Lencquesaing
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